
Laurent NOUGUIER
28 janvier 1976
Finalement... Pourquoi la Lozère ?
C’est Philippe, artiste mais aussi professeur des écoles et art-thérapeute, qui nous a répondu chaleureusement.
Arrivé en Lozère il y a quatre ans, d’abord à Marvejols, il vit aujourd’hui avec sa femme dans une maison « coup de coeur », sur les hauteurs de Saint Germain du Teil près de La Canourgue.
Philippe nous accueille dans la véranda où il organise ses ateliers d’art-thérapie (
kampso.legtux.org/art-therapie.htm ). Au loin, on peut y admirer le sommet des montagnes qui font se rejoindre la Lozère et l’Aveyron. Nous lui posons la question, accompagnés de cette vue magnifique et parfaitement dégagée.
Enfin, je dis ‘parfaitement’…
Il y a également beaucoup de beaux et grands arbres. Et les arbres, grand amoureux de la nature, comme nous le sommes, Philippe, lui, il y tient.
Son départ de Mèze (34) pour la Lozère, il le doit aussi à un arbre. Le frêne qui faisait alors de l’ombre dans son jardin était en effet « source de conflit avec les voisins », nous raconte-t-il. A tel point qu’il dut même se rendre au tribunal ! Et oui, l’ombre venait sur la pelouse d’à côté et que dire des feuilles !
Soit. Les vœux liés de Philippe et sa femme, professeurs des écoles, furent acceptés… en Lozère !
Une belle surprise pour ces parents de trois enfants qui eux-mêmes quittaient le nid familial. Des parents pour qui la maison devenait trop grande. « Il y avait une grande page à tourner », confie l’artiste. Une période – celle des enfants, se terminait.
L’artiste et sa femme avaient pour souvenir leur « petite cabane un peu au-dessus du Malzieu, aux Ducs » dans laquelle ils avaient pour habitude de passer des vacances et où ils se sentaient bien.
Dorénavant, c’était Marvejols qui les attendait. Une maison avec un petit canal qui passait dans le jardin où il y avait aussi un pont japonais et où « il y venait des canards ».
L’auteur du portrait de Jean Carrière, ci-contre, se remémore avec émotion ce déménagement comme une période « très difficile », « avec beaucoup de larmes ». Mais il ne regrette à aucun moment de vivre où il habite aujourd’hui, et depuis plus d’un an, maintenant.
Et si tous les jours, sa femme et lui se disent : « mais quel bonheur d’être là ! », il nous avoue que la maison de Saint Germain du Teil, a un défaut… « L’hiver, j’y ai froid », dit-il en souriant.
C’est dans un souci « de sensibilité pour notre planète » que le couple fait le choix de ne pas dépenser trop dans le chauffage de leur habitation. Mais l’on comprend à entendre Philippe que ce lieu de vie est bien « la perfectitude » !
« Nous sommes partis pour les grands espaces, sous-entendu l’absence de voisin », dit-il en riant. En effet, maintenant, seules « douze vaches au-dessus, douze vaches en-dessous » vivent autour de la maison.
Plus de moustique non plus, très présents autour de l’étang de Thau… « Pas de feux rouges en Lozère ! » Un climat plus agréable : « la maison, même en période de canicule, est à 20°-22° parce qu’elle est en pierre, semi-enterrée dans la pente ».
La « rousse saison ». La forêt de feuillus. Et parfois 2 ou 3 cm de neige en hiver…
Et même, voyez comme l’on se surprend lorsqu’on opère un changement de vie… Philippe raconte : « on s’étonne soi-même car, je me pensais de caractère entier, mais j’ai été assez radical avec mes relations amicales de Mèze. »
Et de s’entendre dire à ses anciens amis mézois « écoute, Mèze, c’est derrière moi ». C’est avec un ton léger qu’il nous déclare s’être en effet séparé de la plupart de ses anciens amis qu’il ne souhaitait « pas voir ici ».
Philippe pense être là où il finira ses jours et c’est avec une fine dose d’humour noir qui n’en demeure pas moins légère qu’il nous parle, entre autres sur son site internet (
kampso.legtux.org) de sa « cellule » (cf. Le Coin de ma Chambre).
Un avenir radieux lui tend les bras toutefois, et nous le lui souhaitons.
D’abord, l’art-thérapie comme second métier. Et ensuite ses œuvres qui le soucient davantage d’ailleurs que la randonnée qu’il avait l’habitude de pratiquer beaucoup quand il a connu la Lozère.
Il faut dire que « quand on a ça tout le temps !... Il faut se botter le derrière » pour continuer à parcourir ces sentiers que l’on a déjà sillonnés.
Et puis, il y a ce livre… Car Philippe est peintre mais aussi photographe et écrivain. Il en parle de façon très passionnée, mais cela donnera lieu à un second article sur ses pratiques artistiques.
Quoi qu’il en soit, même si la « perfectitude, ça devient parfois étouffant », on attend le livre avec impatience...